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L'Archipel des Bijagos, aussi appelé
Archipel des Bissagos est un groupe de quatre-vingt huit îles et
îlots, dont seulement une dizaine est habitée de façon permanente.
Cet archipel se situe dans l'Océan Atlantique en face de la capitale
de
Guinée-Bissau à l'embouchure du Rio Géba.
Les îles sud sont aujourd'hui une
réserve naturelle de l'UNESCO et abritent une faune et flore marine
considérables (notamment des tortues marines), et terrestre dont le
fameux hippopotame marin. Certaines îles sont couvertes de forêts
alors que d'autres le sont de savane de type soudanaise. D'immenses
mangroves couvrent une partie importante des espaces entre océan et
terre ferme. Certaines îles sont peuplées par plusieurs espèces de
singes rares.
Les îles de Bubaque, Bolama Rubane et
Caravela sont les plus peuplées et les plus touristiques alors que
l'île de Canhabaque est certainement la plus "authentique" et la
plus secrète.
L'archipel des Bijagos est un haut lieu
de la pêche sportive.
Avec moins de 30.000 habitants sur les
2 624 km² que comptent cet archipel, les Bijagos peuvent sans trop
de risque mériter le prestigieux titre "d'îles désertes". D'autant
que cette population est très inégalement répandue : l'île de Bolama
accueille à elle seule près de 9 500 habitants soit un tiers des
résidents de l'archipel.
Bubaque en accueille un autre tiers
(environ 8 500 habitants).
L'arrondissement de Caravela
(comprenant en autres les îles de Carrache, Formosa, Ponta, Enu ou
Maio) abrite le dernier tiers avec un peu plus de 10.500 habitants.
Certaines îles sont complètement
désertes : c'est le cas par exemple de Uracane, Uno ou Orango qui
n'accueillent que quelques colonies d'hommes durant la saison
agricole.
Le chef-lieu de la région et de
l'archipel est Bolama, ancienne capitale de la Guinée portugaise.
L'archipel des Bijagos est l'un des
plus beaux archipels de la planète. C'est aussi l'un des plus
protégés : certaines îles telles qu'Orango ou les îlots du Poilão
sont classées "parc national" ou "réserve écologique" .
Le tourisme dans les Bijagos reste
réservé aux voyageurs qui ont du temps devant eux et savent
apprécier la splendeur des paysages et la culture unique du peuple
qui les accueille. Les infrastructures sont inexistantes, mais
malgré tout, grâce aux ressources agricoles et halieutiques, les
Bijagos (nom de l'ethnie qui habite l'archipel) ont une situation
enviable dans ce pays qui est si pauvre.
Les habitants de l'archipel sont les
Bijogos (ou Bidjogo), divisés en peuples d'origines différentes, non
encore vraiment étudiés. Le peuple le plus important d'un point de
vu "politique" et "culturel" est le peuple Onhaki (se prononce
oniaki - anhaki au pluriel) de l'île de Canhabaque (ou île de
Conha).
Ce peuple originaire du Mali et
descendant des actuels Coniagui (installés à cheval entre le Sénégal
oriental et la Guinée Conakry) est apparenté aux Nalus et aux
Biafadas, tout deux situés sur la côte de Guinée-Bissau. Dans
l'archipel des Bijagos, les villages (Tabanca) sont situés à
l'intérieur des terre et non sur la côte.
Les Bijogos sont des animistes,
(« l'animisme est la croyance que les êtres naturels ont des forces
spirituelles qui les habitent et qui leurs donnent une puissance
surhumaine »), qui ont conservé une grande partie de leur très
complexe culture. Leur monde est peuplé d'Irans (esprits).
Les initiations assez dures (le Fanado)
sont encore pratiquées par une partie des jeunes pour accéder au
statut d'adulte. Elles se déroulent en brousse (dans le "mato") et
durent de trois à six mois.
Les Homi Grande (Homme Grand - ou Femme
Grande) encadrent la vie sociale, économique et culturelle du monde
Bijogo.
Chaque village est autonome, chaque île
aussi mais tous se disent descendants de l'un des quatre "clans"
d'origine. Le pouvoir des femmes y est important sans pour autant
représenter un véritable pouvoir matriarcal. Il faudrait plutôt
parler de pouvoir de la lignée matriarcale. On appartient à une
lignée matriarcale, à un clan, à un village, puis à une île et pour
finir au peuple Bijogo. |